A 43 ans,Nicolas Tison exploite son rêve de réhabiliter les dunes de Capbreton (Landes) comme terreau fertile et son « vin de sable » comme patrimoine local.
Le sable est un milieu « fragile et vivant »,où « ça pousse beaucoup,mais ça ne retient rien ». De forts risques de gel au printemps,des chauffes rapides pour de jolies maturités,rien n’est encore moins facile qu’ailleurs ici-bas.
Des tanins souples,peu acides,fruités (baies noires,mûre,cassis pour le rouge ;agrumes pour le blanc),pour un goût,disons,plus rural que mondain. La vigne est jeune,une douzaine d’années à peine,peut mieux donner encore,estime notre viticulteur des sables.
Nicolas Tison en chiffres:4 hectares en production,entre 15 000 et 18 000 bouteilles par an,étiquetées comme vin de terroir landais sous-titré « Sables de l’Océan »,60 % de vente directe et 40 % aux restaurateurs et cavistes alentour.
Recherches historiques à l’appui,Nicolas Tison nous rappelle que ce vin des sables était autrefois vendu dans les Cours Royales en bouteilles et nonen vrac. Il voyageait sans se piquer,phénomène rare pour l’époque. « On disait "du Capbreton"comme on dit "du Bordeaux"»,explique Nicolas Tison.
Les vignes d’antan ont aussi servi à fixer la dune,quand l’homme a façonné les sables mouvants,à force de planches,de pins et donc,parfois,de vin.
Ancien ingénieur des techniques agricoles à l’Enita de Bordeaux,reconverti par passion,il enseigne à mi-temps au lycée agricole de Sabres. Il plante ses vignes depuis 1995,sur des parcelles prêtées par la mairie.« Je ne sais pas encore dire si construire un vignoble sur le sable est rentable. » Mais il le fait plus pour rendre hommage à l’Histoire de la région et aux anciens que pour en vivre "confortablement".
Source:Sud-Ouest




